INTRODUCTION
Autant on peut gêner l’adversaire quand on est devant au près, autant au portant, c’est le poursuivant qui gêne. En effet, comment rester entre l’adversaire et la bouée sans être déventé ?
On s’aperçoit qu’il y a beaucoup de retournements de situation sur les bords de portant, notamment lorsque le bateau derrière est agressif.
Après avoir énuméré
les règles qui s’appliquent et les conclusions qui en découlent,
nous étudierons les situations de défenses et d’attaques
spécifiques au portant.
Ces deux notions réglementaires sont le nerf de la guerre sur le portant.
Premier cas

Position 2
W au vent engagement de W
L sous le vent au vent de L.R.11
position 2’
W sous le vent engagement de
W
L au vent sous le vent de L.
R.11
position 1
W au vent W et L engagés
L sous le vent. en bâbord.
R.11
position 2
W bâbord bords différents.
R.10
L tribord
position 3
W au vent nouvel engagement
de L
L sous le vent sous le vent
de W. R.11
Règle 17.1 :
Sur la situation suivante, le voilier s’engage en L1 à une longueur sous le vent de W. Les deux voiliers naviguent sur la route normale vers la prochaine marque.
L1 doit continuer de naviguer sur sa route normale.
L décide de laisser porter. Il navigue en L2 pendant un certain temps sur une route parallèle à 3 longueurs sous le vent et par le travers de W.
Puis L lofe. W doit répondre à son lof en se maintenant à l’écart.

Une des façons de répondre au scénario légiféré par la règle 17, est de toujours se poser la question dans les termes suivants :
Les deux voiliers sont engagés, donc sur le même bord.
Est-ce que cet engagement a été crée par un voilier en route libre derrière qui devient engagé sous le vent de l’autre voilier dans ses 2 longueurs ? C’est la seule et unique question.
Dans la mesure où le bateau sous le vent respecte toujours la règle 11 (au vent / sous le vent), il n’y a pas de restriction quant à naviguer au-dessous de sa route normale.
Une seule défense possible pour L, recréer une nouvelle situation d’engagement :
le double empannage.
Dans un premier temps, L s’est engagé
sous le vent à moins de 2 longueurs de W.
Nous avons vu que la règle
17.1 empêche L de lofer.
Mais L est aidé par la définition
de l’engagement, à savoir qu’un nouvel engagement commence à
partir de la fin de l’empannage.
Ainsi est né le double empannage.
L peut modifier sa route jusqu’au
face au vent en respectant la règle 16.
W doit se maintenir à l’écart,
R.11.

décaler les angles entre
les 2 bateaux.
L doit suivre sa route normale.

Conséquence : le bâbord non prioritaire possède quand même l’avantage d’être à l’intérieur de la bouée.
Trois configurations peuvent exister en dehors de la zone des 2 longueurs :



Définition des zones.
a) zone au vent en sortie de bouée.
La stratégie est issue des observations faites avant le passage de la bouée au vent. Tout reste possible.
b) zone à droite en descendant.
Plus on va vers cette zone, plus le bateau tribord amure est dangereux pour le bateau bâbord amure. Le tribord peut forcer le bâbord à réempanner pour repartir vers la droite, à l’opposé de la bouée.
c) zone à gauche en descendant.
La gauche offre moins d’intérêts tactiques et réglementaires. Le bord se terminera en ligne droite en tribord amure, avec le risque de se retrouver à l’extérieur de l’adversaire sur la bouée.
d) zone sous le vent à l’approche de la bouée.
Cette zone pose le paradoxe suivant :
Privilégier la droite du parcours en descendant pour prendre l’intérieur, l’engagement sous le vent (règle 18), mais risque de se retrouver en bâbord amure à côté du tribord avant d’être sur le point de contourner la bouée. Règle 10. Revoir page 31, point b).

Les variations de performance au
portant semblent encore plus importantes qu’au près (risées,
dévent, vagues, etc.). Le poste avant ou le tacticien doit porter
en permanence une attention toute particulière à l’adversaire.
Un négatif en vitesse par rapport à l’adversaire rendra toute
attaque ou défense quasi impossible.
Voici une clef maîtresse pour créer des situations conflictuelles : sur cette amure où le dévent est nul, l’écart sous le vent de l’adversaire se transformera en profondeur sur l’autre amure où le dévent est maximum.
Le bateau noir est dans la plus mauvaise situation

Si
L va moins vite et se fait doubler :
Õ sur le prochain croisement, l’adversaire reviendra en tribord amure.
Õ
sur un double empannage de l’adversaire sous le vent, celui-ci aura le
droit de lof.
Cône de déventement.
Placement et importance du cône
de déventement variable en fonction de l’allure et de la force de
vent.
Blanc en bonne position entre l’adversaire
et la bouée. Sur l’empannage, l’écart se transforme en profondeur.
nous avons vu dans le point B. APPLICATIONS,
2°) à l’approche de la bouée, page 35, que trois configurations
ou rapports de force entre les deux bateaux pouvaient exister en dehors
de la zone des deux longueurs.
Par rapport aux positions de défenses
décrites ci-dessus, beaucoup de situations s’inversent.
Notion de dévent.
Plus le vent est fort, plus cela se justifie par des variations d’angles bateau-vent importantes et possibles.
Attention, cette tactique s'adapte
en fonction des zones.